Mardi 9 Février 2010

À l’automne dernier, l'étiquette Maybe Mars de Pékin organisait une première tournée de type showcase aux États-Unis pour promouvoir simultanément les groupes vedettes de l’underground chinois que sont P.K.14, Carsick Cars et Xiao He

Même si P.K.14 a été nommé un des cinq bands asiatiques à surveiller en 2008 par Time Magazine et que Carsick Cars a notamment tourné avec Sonic Youth en Europe, ces groupes sont encore assez méconnus ici. Leur passage en mars prochain à South by Southwest pourrait cependant bien changer la donne.

Il faut dire que les artistes chinois sont assez rares sur nos scènes et ne ponctuent que très rarement l’horaire de nos festivals. Il y a accessoirement eu le flamboyant et androgyne chanteur de jazz Coco Zhao au FIJM en 2006 et les méditatifs FM3 et leur Buddha Machine à MUTEK en 2005, mais rien du côté de la scène rock.

D’une certaine façon, ce n’est pas étonnant. Au tournant des années 2000, malgré un bourgeonnement intense, les bands chinois majeurs tombaient (encore) dans la catégorie «simulacre raté de groupe métal à ballade», «punk rock californien endormant» ou «on-est-des-punks-avec-des-mohawks-dans-un-pays-communiste», ce dernier genre attirant plus de journalistes étrangers que de fans à ses concerts.

Bien que tout cela n’était pas entièrement mauvais, l’insupportable étiquette de «révolution du rock chinois» que l’on accolait au premier groupe venu qui jouait les rebelles n’arrivait pas à nous faire oublier l’essentiel: leur musique n’était vraiment pas si bonne que ça.

Avec ces groupes de l’étiquette Maybe Mars, ceci est appelé à changer. Pas révolutionnaire, non, juste bon.


P.K.14 - The other side

Carsick Cars - Zhong Nan Hai

 

 - Simon H.